Moulin-à-Vent
le seigneur
Aucun village ne porte le nom du plus prestigieux des crus du Beaujolais. L'aire d'appellation de Moulin-à-Vent, forte de 670 ha, s'étend sur deux communes : Romanèche-Thorins (Saône-et-Loire) et Chénas (Rhône).

Elle a été définie en 1924 par le Tribunal civil de Mâcon dans le but de lutter contre les nombreuses contrefaçons d'un vin déjà très célèbre à l'époque. Elle n'a jamais été modifiée depuis, gardant une grande homogénéité de son terroir d'origine granitique. Les différents " climats " que l'on distingue sont liés à des expositions et des altitudes différentes.
Largement ouvert à l'est, l'aire de moulin-à-vent s'étale en pentes douces entre 230 et 390 m d'altitude. Paisible paysage, d'ailleurs peint par Utrillo, que domine un moulin qui a cessé de moudre du grain depuis 1850 environ et est classé monument historique depuis 1930, véritable symbole du cru, à l'heure actuelle.
L'une des caractéristiques de l'appellation tient à ses sols : constitués d'arènes granitiques roses, friables qu'on appelle gore ou grès, ils sont infiltrés de filons de manganèse qui seraient à l'origine du caractère particulier des moulin à vent.
Cépage : gamay noir à jus blanc ;
sols : granit rose infiltré de manganèse ; robe : de rubis profond à grenat sombre;
arômes : floral et fruité, avec des arômes d'iris, de rose fanée, d'épices et de fruits mûrs ;
qualités gustatives : charpenté et complexe, de garde.
Date de naissance de l'appellation : 11 septembre 1936 ; nombre d'hectares : 676 ha, cultivés par 120 viticulteurs ; production moyenne/an : 38 000 hl
Avant le vin, la pierre.
Au XIXè siècle, les quatre mines de manganèse de Romanèche-Thorins comptaient parmi les plus importantes de France. Le " savon du verrier " - le manganèse servait, à l'époque, à blanchir le verre, et était utilisé dans la sidérurgie et la faïencerie - qu'elles produisaient était une pierre très dure, d'une telle qualité qu'on lui a donné un nom : la romanéchite. A cette époque, le Beaujolais vivait de polyculture. Les paysans, cultivant la vigne et pratiquant l'élevage, travaillaient aussi à la mine. Les mines de Romanèche ont fermé en 1919. Mais le manganèse, toujours présent dans les sols, continue de faire parler de lui : les plus audacieux considèrent qu'il donnerait certaines qualités organoleptiques au vin. Une certitude : dans sa composition, le moulin-à-vent en est riche.
De couleur intense, taniques, très charpentés, subtilement épicés, les moulin-à-vent sont des vins de garde (jusqu'à dix ans, en fonction des millésimes). Dégustés jeunes, ils développent des senteurs de type floral et fruité, à dominante de violette soutenue par une flaveur de cerise. Au bout de quelques années, leur palette odorante se décline en arômes d'iris, de roses fanées, d'épices et de fruits mûrs ; puis de sous-bois, de truffe, musc et venaison. Ils sont toujours caractérisés par une longueur en bouche remarquable.