A l'ouest du village
de Steinbach, sur le flanc Est de l'Amselkopf et sur la
faille vosgienne formée lors de l'effondrement du
fossé rhénan s'élève le rocher
de Hirnelestein. Il est dans le prolongement des dykes du
Schletzenbourg et du Donnerloch. A partir du haut du
Hirnelestein, accessible par un escalier de fer mis en place
par le Club Vosgien de Cernay, on découvre une vue
splendide sur la plaine d'Alsace, avec au fond à
gauche le début de la Forêt Noire, la grande
bande des monts du Jura et par un temps très clair le
spectacle grandiose des alpes bernoises en arrière
plan.
Avant la Grande Guerre,
la famille d Michel Müller exploitait un café
à côté du rocher, qui s'appelait
<< Wirstschaft zum hirnelestein>>. Très
fréquenté avant 1914, le hirnelestein
était aussi le but des excursions du dimanche pour
les Mulhousiens amateurs d'air pur. On payait 60 Pfenning
pour un billet de chemin de fer jusqu'à Cernay. La
petite ascension de 300 mètres environ jusqu'au
rocher du hirnelestein était
récompensée par l'agréable ambiance de
cet endroit charmant. On pouvait alors déguster,
entre autres, un petit rosé délicieux, un vin
de raisin rouge, le fameux << Steinbacher
Rota>>. Mais cette auberge construite en planches
disparaitra complètement pendant la tourmente de
1914-1918.
Pendant toute la guerre
14-18, le rocher et la croupe du hirnelestein ont
été utilisés comme observatoires par
les troupes françaises. Le piton de brèche de
faille silicifiée a été
aménagé, on y creusait des chambres
souterraines, des galeries consolidées de murs de
maçonnerie, des abris et blockhaus. Les vestiges de
ces installations sont encore visibles. Un observatoire plus
important au sommet de l'Amselkopf dominait la côte
425, le vallon de Steinbach et l'agglomération de
Sandozwiller.
Pendant la 2ème
Guerre Mondiale, au cours des combats de réduction de
la poche de Colmar, durant l'hiver 1944-1945, le
hirnelestein se trouvait dans le secteur du Grenadier
Régiment 1210. Une section de mortier lourd
était en position à proximité du
rocher. Cette unité utilisait les abris et les
anciennes installations de la guerre 44-18 jusqu'au 4
février 1945, jour de la libération de
Steinbach