Chiroubles

le plus beaujolais des crus

A Chiroubles, village qui a donné son nom au cru, le gore, ce sable qui résulte de la dégradation de la roche sous-jacente, prodigue au Gamay les conditions idéales pour qu'il exprime sa nature gouleyante, donnant à l'amateur cette sensation agréable de " glisser en bouche ". Résultat : on dit volontiers de Chiroubles qu'il est " le plus beaujolais des crus ".

 

Chiroubles

Le vin est tendre, fruité, friand, issu de sols remarquables d'homogénéité, maigres et peu profonds. Pour planter les ceps, à l'origine, certaines parcelles ont même dû être creusées à la barre à mine !

 

Chiroubles est aussi le plus élevé des crus du Beaujolais : les vignes sont adossées aux monts du Beaujolais et culminent entre 250 et 450 mètres d'altitude. Les pentes sont raides, les coteaux escarpés, d'où la nécessité, depuis toujours, de lutter contre l'érosion des sols : le viticulteur creuse des " rases " en travers de la pente, tous les huit ou neuf rangs de vigne, pour canaliser les eaux de pluie. Des enrochements sont réalisés dans de larges fossés le long des routes. Et, lorsque la terre glisse le long de la pente, on n'hésite pas à la remonter.

Sols : granite à granulométrie grossière, avec quelques filons de granulite ;

robe : rouge rubis ; arômes : dominantes florales de violette, iris, muguet et pivoine ;

qualités gustatives : fruits rouges exprimant remarquablement le gamay. Le Chiroubles est reconnaissable à sa vivacité et sa tendresse.

Date de naissance de l'appellation : 11 septembre 1936 ; nombre d'hectares : 370, cultivés par 80 viticulteurs ; production moyenne/an : 21 000 hl

 

Un enfant de Chiroubles, Victor Pulliat, le sauveur de la vigne. A partir de 1874, le Beaujolais est atteint par le phylloxéra. La maladie se développe rapidement et anéantit le vignoble. Enfant du pays, Victor Pulliat, féru de botanique et d'ampélographie, fondateur de la société de viticulture de Lyon, participe aux travaux d'étude du comité de vigilance qui a été constitué. Le premier traitement préconisé pour lutter contre la terrible épidémie est le sulfure de carbone. Ceux qui l'utilisent reçoivent des subventions des pouvoirs publics. Victor Pulliat, lui, s'engage sur une voie nouvelle. Tentant des expériences, il devient le chef de file de ceux qu'on appelle les " américanistes " : leur technique consiste à utiliser le greffage sur plant américain, une formule plus coûteuse, dont les effets sont moins rapides puisqu'il faut attendre que le cep commence à produire…Elle finit par porter ses fruits et sauve le Languedoc, puis le Beaujolais. Chaque année, depuis 1980, les Chiroublons rendent hommage au " sauveur de la vigne ", à l'occasion de la Fête des crus du Beaujolais. Depuis aussi, ils n'hésitent pas à revendiquer le statut de " commune progressiste " du vignoble.

Les températures chiroublonnes sont plus basses que celles de la plupart des appellations beaujolaises. C'est pourquoi le cycle végétatif connaît en général un retard de 5 à 10 jours à l'issue de l'hiver. Généralement, les vendanges sont plus tardives : elles débutent en moyenne une semaine après que le ban a été donné dans le vignoble.