Brouilly
le grand frère
Installé dans la région, Brulius, lieutenant de l'armée romaine, a donné son nom à la colline qui domine le plus étendu et le plus méridional des crus du Beaujolais (Le Mont Brouilly - 485 m) et constitue l'un des points de repère du vignoble : avec 1 300 hectares, Brouilly totalise 20 % de la surface des crus du Beaujolais et produit chaque année 75 000 hl (10 millions de bouteilles) d'un vin considéré comme fin et joyeux.
Brouilly
Le Brouilly est produit dans 6 communes, dont aucune ne porte le nom de l'appellation : Cercié, Saint-Lager, Charentay, Odenas, Saint-Etienne-la-Varenne et Quincié, la moins étendue des productrices. De petits villages qui, en 1769, jouaient déjà un rôle dans l'histoire viticole : ils faisaient partie des 16 paroisses beaujolaises autorisées à vendre leurs vins à Paris. Pourtant, à l'époque la viticulture était loin d'être l'activité première d'exploitations agricoles qui produisaient davantage de lait que de vin. 1/5 des terres, en moyenne, étaient dédiés à la vigne.
A Odenas, par exemple, où François de la Chaize d'Aix avait acquis une propriété de plus de 500 hectares, la culture de la vigne était insignifiante : rien d'étonnant à cela, originaire de la Loire, le sieur n'avait rien d'un amoureux du vin. Ce n'est qu'au XVIIIè siècle que le domaine devient viticole. Il est aujourd'hui l'un des symboles et la plus grande exploitation du cru. C'est aussi l'une des plus belles caves voûtées de la région : classée monument historique en 1972, elle mesure 104 mètres de long. On la visite et on peut, derrière les grilles, admirer les bâtiments du château dont Mansard aurait signé les plans et le jardin à la française dessiné par Le Notre.
A Brouilly, comme dans l'ensemble du Beaujolais, on aime les symboles et les histoires : témoins, celle de Gargantua qui, déversant sa hotte chargée de pierres, aurait donné naissance à la fameuse colline Ou celle de Pisse-Vieille qui aurait légué son nom au seul climat du cru, 22 hectares exposés plein sud et situés à Cercié.
Sols maigres, acides, secs et peu fertiles, hétérogènes et présentant 4 types de caractéristiques donnant des vins différents, en fonction des terroirs dont ils sont issus : granite rose de Saint-Etienne-la-Varenne, Odenas et Quincié, diorite moins acide de la colline, substrats marno-calcaires de Charentay, détritus grossiers cristallins et éléments fins argileux qui sont des éléments de la roche altérée ; robe : couleur intense, rubis profond ; arômes : plus fruité que floral, le Brouilly évoque les petits fruits rouges, la prune, avec, parfois, des notes minérales ; qualités gustatives : fruits rouges exprimant remarquablement le bouquet du gamay. Avec des tanins assez fondus, le Brouilly joue la finesse.
Date de naissance de l'appellation : 19 octobre 1938 ; nombre d'hectares : 1 300, cultivés par 400 viticulteurs ; production : 73 500 hl
Pisse-Vieille.
Le seul climat de Brouilly porte le curieux nom de Pisse-Vieille, pour perpétuer une légende dont l'héroïne est une brave femme du coin, dite " La Mariette ". Une vigneronne très pieuse qui se rendait régulièrement à la confession, chez le curé, pour lui conter ses menus pêchés. Mais Mariette n'avait rien de très grave à livrer. C'est pourquoi, tout simplement, un jour, le curé la libéra en lui disant " Allez ! Et ne pêchez plus ! ". Mais Mariette était un peu dure d'oreille. Elle entendit, tout simplement : " Allez ! Et ne pissez plus ! ". Il faut dire qu'en patois beaujolais, pêcher se dit pisser. On imagine aisément la suite. La vieille ne fut soulagée de son calvaire que lorsque son mari, inquiet, alla voir le curé pour lui demander des précisions et revint chez lui, en criant, du bas de la colline, " Pisse Vieille, pisse vieille, le curé l'a dit ! ". Ainsi, fut baptisé le lieu-dit. Plus sablonneux, il donne des vins très fins, mis en bouteilles plus rapidement.
Mais on a aussi les pieds sur terre : fer de lance des crus du Beaujolais, bénéficiant des volumes les plus importants et, par voie de conséquence, d'une véritable reconnaissance sur les marchés, le cru a fait un bond en avant, en matière de vente directe : 26,6 % aujourd'hui, contre 18 % il y a 10 ans. 20 % de la production totale de l'appellation est vendue dans le réseau C.H.R parisien.
