1999 EVALUATION DE L'UTILISATION DU VELO PAR LES COLLEGIENS ET
LYCEENS DE COLMAR
Une étude de Karen GEIGER
Maitrise d' aménagement ULP Strasbourg
Résumé :
BUT DE L'ETUDE
- cerner les caractéristiques actuelles des
déplacements des jeunes,
- voir en quoi ceux-ci ont évolué depuis
bientôt 10 ans.
I ) RESULTATS DE L'
ETUDE
La part quotidienne de chaque déplacement pour se
rendre en classe :
La marche à pied est le principal mode de
déplacement pour se rendre en classe : plus de 35% des
élèves sont des piétons, la part grimpe
à 50% pour les élèves Colmariens ( les
élèves interrogés n'habitent pas tous Colmar
).
Le bus est le second mode de déplacement utilisé
par les jeunes : ils sont plus de 33% à l' utiliser
quotidiennement.
Pour les colmariens en revanche , le second moyen de
déplacement utilisé est le vélo, avec
près de 16% de cyclistes quotidiens.
€ Les influences qui déterminent l' usage du
vélo
54% des élèves interrogés circulent
à vélo, quelle que soit la fréquence et le
motif. Plus du tiers des élèves interrogés
avouent cependant ne jamais circuler à vélo à
Colmar.
La raison du rejet du vélo comme mode de
déplacement la plus frequemment évoquée est
bien entendu la longueur du trajet puisqu' elle obtient plus de
40% des "suffrages". Vient ensuite le fait de ne pas avoir de
vélo (pour 15% des réponses).
La longueur du trajet est donc évoquée comme
première cause au rejet du vélo. Ceci se
conçoit aisément dans la mesure où plus de
70% des élèves qui n' utilisent jamais le
vélo n' habitent pas Colmar. Toutefois, si l' on ne prend
en compte que les déplacements effectués pour se
rendre en classe, ces mêmes élèves ne
représentent que 45% des non-utilisateurs.
Le phénomène est inverse pour les Colmariens :
ils ne représentent que 28% des élèves ne
circulant jamais à vélo mais plus de 45% des
élèves qui n' utilisent jamais le vélo pour
se rendre en classe.
Si l' éloignement est un frein essentiel à l'
utilisation du vélo, il peut en être de même
pour la proximité : 50% des Colmariens n' utilisent jamais
le vélo pour se rendre en classe ; le principal moyen de
déplacement étant la marche à pied ( avec
plus de 54% ). En revanche, ils sont 65% à l' utiliser pour
les loisirs ( dont 25,46% sont des cyclistes "habituels", c' est
à dire utilisant le vélo au moins une fois tous les
deux jours ).
Au total, ce sont 73% des élèves colmariens
qui déclarent utiliser leur bicyclette en ville.
Des disparités apparaissent entre les
établissements scolaires quant à l' utilisation du
vélo par les jeunes. Cet état de fait peut s'
expliquer en partie par la nature des établissements.
La conception du parking à vélo a, semble-t-il,
également une incidence sur l' utilisation du vélo.
Les autres véhicules : un danger permanent
Plus de la moitié des élèves
interrogés trouve qu' il est dangereux de circuler à
vélo en ville.
Cette perception du danger peut être l' un des facteurs
limitant une extension de l' utilisation du vélo puisque
cette proportion augmente encore sensiblement pour les
non-cyclistes : ils sont 59% à estimer que la circulation
à vélo en ville est dangereuse.
Les difficultés les plus fréquentes
rencontrées à vélo sont, dans l' ordre :
- les carrefours dangereux
Suivent :
- les infractions des autres véhicules ( vitesse
excessive, dépassements dangereux : 28,84%,
- le stationnement gênant des voitures ( 21,92% ),
- la mauvaise qualité de la chaussée ( 15,85%
).
Plus d' 1/3 des réponses concerne la difficulté
de cohabiter avec les piétons!
Les aménagements cylables de la ville
2/3 des élèves qui jugent les
aménagements efficaces.
Près de la moitié des élèves
utilise les aménagements cyclables de la ville et une large
majorité d' entre eux les trouve efficaces. Seuls 13%
trouvent qu' ils ne fonctionnent pas, et ce sont les utilisateurs
qui sont les plus critiques.
La nécessité de tels aménagements qemble
en revanche acquise : moins de 3% des utilisateurs les jugent sans
intérêts ( contre 11% des non-utilisateurs ) mais la
cohabitation avec les automobilistes est parfois difficile : 52%
des utilisateurs se plaignent des voitures y stationnant.
€ Les améliorations souhaitées : avant tout
la sécurisation des déplacements à
vélo
II ) QUELQUES ANALYSES
DÉTAILLÉES AU VU DES RÉSULTATS DE L'
ENQUETE
- Plusieurs attentes ressortent suite à l' analyse de
l' enquête. Les propositions formulées
ci-après vont dans le sens de ces attentes, dans le but d'
inciter les jeunes à multiplier leurs déplacements
à vélo, et de sécuriser les cyclistes qui
circulent déjà par choix ou par
nécessité. Il s' agit donc d' améliorer l'
existant par l' entretien et la sécurisation des bandes et
pistes cyclables, mais aussi de créer de nouveaux
aménagements aux endroits perçus comme étant
les plus dangereux.
- La majeure partie des jeunes cyclistes déplore la
manque de considérations des automobilistes qui stationnent
voire circulent sur les bandes cyclables mais également des
piétons.
Chaque difficulté rencontrée par les cyclistes
est un cas particulier à traiter en conséquence. Il
n' existe pas de solution universelle à la
sécurisation des carrefours ou des voies à grande
circulation.
L' une des réponses aux attentes des cyclistes dans l'
amélioration de la visibilité de la piste cyclable,
tant pour les cyclistes ( par la multiplication de panneaux
indiquant les pistes ) que pour les autres véhicules et les
piétons ( par l' utilisation d' une peinture au sol de
couleur aux endroits les plus "sensibles" ).
- Aménager les points dangereux et autres
barrières qui sont un frein au développement du
vélo en ville
Deux types d' endroits :
- les endroits présentant un danger "linéaire",
c' est à dire les rues, avenues etc...
- les endroits qui présentent un danger "ponctuel",
tels que les carrefours.
Pour les dangers "linéaires", les réponses
les plus fréquentes sont :
- l' avenue d' Alsace
- la rue du Nord
- l' avenue de la République
- la route d' Ingersheim
Pour les dangers "ponctuels", il s' agit des
réponses suivantes :
- le carrefour du Ladhof (carrefours avenue d' Alsace, rue de
la cCavalerie, rue du Ladhof)
- le pont de la gare des marchandises
- la Gare
- le carrefour avenue De Gaulle - avenue de la Liberté
- la place De Lattre
Le carrefour du Ladhof, endroit perçu comme
étant le plus dangereux, cumule les dangers pour un
cycliste : très large, il nécessite de la part du
cycliste qui veut le franchir d' être très vigilant.
Les carrefours en général sont d' ailleurs le
problème majeur que rencontrent les jeunes cyclistes sur la
route : ils sont cités plus de 20 fois.
Les lieus représentant des dangers "linéaires"
sont avant tout des voies à circulation dense et rapide. La
rue du Nord présente le désavantage
supplémentaire d' être plus étroite, n'
offrant que peu de place aux vélos. La route d' Ingersheim
continue à être perçue comme un lieu de danger
alors qu' une bande cyclable y a été
aménagée. Les élèves ont du mal
à se faire à la circulation alternée
trottoir-route.
- Le risque de vol dans l' établissement : un
obstacle essentiel à l' utilisation du vélo
on peut bien évidemment supposer qu' il existe un
rapport entre le nombre de cyclistes dans un établissement
et l' aménagement du parc à vélo. Certains d'
entre eux sont perçus comme étant résolument
bien aménagés et efficaces, notamment lorsqu' ils
sont situés dans l' enceinte de l' établissement,
à l' abri des regards extérieurs. C' est la cas des
établissements tels que Assomption, Saint André,
Saint Jean.
Le collège Molière, actuellement en travaux, ne
bénéficie logiquement pas d' opinions favorables.
III ) CONCLUSION
Il ressort de cette enquête plusieurs points
intéressants, en premier lieu sur l' évolution de la
situation entre 1992 et 1999.
La part des jeunes utilisant le vélo pour se rendre
en classe a légèrement augmenté, passant de
20 à plus de 25%.
- L' éloignement est par contre devenu la
première cause de non circulation des élèves
à vélo, alors qu' auparavant le principal motif
évoqué était la peur du danger sur la route,
ainsi que celle du vol.
Les aménagements réalisés en 7 ans ont
probablement contribué à ces changements de
mentalité. Les élèves sont d' ailleurs 7
fois plus nombreux à connaître l' existence des
aménagements cyclables de la ville, aménagements qui
ont été multipliés par 4 depuis 1992, et plus
de 60% (contre 30% en 92) les estiment efficaces. En revanche,
il apparaît que le gros point noir des cyclistes restent
les carrefours et les voitures stationnés sur les bandes
cyclables.
L' analyse de cette enquête a permis de dégager
un certains nombres d' attentes de la part des jeunes, notamment
au niveau des endroits à aménager : la perception du
danger rete forte ( plus de 50% des élèves
considèrent que la circulation à vélo en
ville est dangereuse ), mais elle semble limitée à
certains points de la ville ( carrefours et voies bien
définies ).
Les résultats obtenus montrent que des actions peuvent
être entreprises à plusieurs niveaux dans l' optique
d' améliorer et de multiplier les déplacements
à vélo dans Colmar. Ils ne servirait à rien
d' aménager des pistes supplémentaires si l' un
des freins principaux à l' iutilisation du vélo
reste le vol. C' est la raison pour laquelle on peut imaginer
que les établissements scolaires puissent devenir des
interlocuteurs privilégiés de la ville de Colmar en
matière d' aménagements contre le vol en
sécurisant leur parc à vélo. Autres acteurs
à impliquer : les communes voisines lorsqu' il s' agit
d' améliorer les liaisons entre Colmar et sa proche
banlieue.
Un effort reste à faire dans l' aménagement
des points dangereux, véritables "barrières" qui
empêchent la banalisation des déplacements à
vélo. N' oublions pas qu' une large part des
élèves sont encore des "cyclistes potentiels" : les
colmariens et autres habitants de la "proche banlieue"
représentent près de 40% des élèves ne
circulant pas à vélo à Colmar.