Ecrits et cris ou une Epique Epoque Opaque . |
création 2007 Spectacle pour tous publics ou public d'adolescents [collège-lycée] Durée : 1h / 1h15 Un comèdien musicien : Olivier Clarté . |
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Parcours chronologique de plain-pied et en plein travers la littérature |
Au début ? Rien ! |
Olivier Clarté |
( ? avant JC) |
Chanson de Rolland (la bataille) |
Inconnu |
X siécle |
Roman de Renart (marchands poissons) |
Inconnu |
XII siécle |
Ballade des Dames du temps jadis |
François Villon |
1431 - 1463 |
Je vis, je meurs ... |
Louise Labé |
1524 - 1566 |
Le Cid (Oh rage, oh désespoir ....) |
Corneille |
1606 - 1684 |
Waterloo |
Victor Hugo |
1802 - 1885 |
Le rebelle |
Charles Baudelaire |
1821 - 1867 |
Cinq semaines en ballon |
Jules Verne |
1828 - 1905 |
Le hareng saur |
Charles Cros |
1842 - 1908 |
Les violons de lautomne (chanson guitare) |
Paul Verlaine |
1844 - 1896 |
LAlbatros (chanson guitare) |
Arthur Rimbaud |
1854 - 1891 |
Cyrano de Bergerac (tirade du nez) |
Edmond Rostand |
1868 - 1918 |
La pêche à la baleine |
Jacques Prévert |
1900 - 1977 |
Un franc cinquante (chanson guitare) |
Boris Vian |
1920 - 1959 |
Le radeau de la Méduse (chanson guitare) |
Georges Brassens |
1921 - 1970 |
Le chien |
Raymond Devos |
1922 - 2006 |
Le Cinéma (chanson guitare) |
Claude Nougaro |
1929 - 2004 |
La folie |
Olivier Clarté |
2008 |
A la fin? Rien ! |
Olivier Clarté |
2009 |
VOYAGE LITTERAIRE Article DNA 28/3/07 Dans le cadre de lanimation vous êtes livres ce week-end, les Amis de la bibliothèque de Stosswihr proposaient samedi dernier, un voyage à travers les différentes époques de la littérature française en compagnie du comédien Olivier Clarté. De la Chanson de Roland aux vers de Claude Nougaro, de la prose de Jules Verne aux alexandrins de Rostand, Olivier Clarté avait concocté une sélection de textes forts représentatifs de plus de dix siècles décriture en langue française, sous le titre de Cris et Ecrits ou Epique Epoque Opaque Cette dernière dénomination, de laveu de lartiste même, ne veut pas dire grand chose, mais traduit bien sa volonté de jouer avec les mots, les sonorités. A mains nues ou accompagnée de sa guitare, il a entraîné le public séduit dans un florilège teinté dhumour et de fantaisie. Par le jeu théâtral, par le chant et même le mime à loccasion, il a su faire vibrer cette langue quil affectionne, interpellant lassistance dans des digressions improvisées, nhésitant pas à taquiner amicalement lun ou lautre des spectateurs. Trop sérieux sabstenir ! Par sa chaleur, son humour, il a su faire vivre les plus belles pages de quelques monstres sacrés, tels Hugo ou Verlaine. Il a aussi chanté plusieurs textes comme lAlbatros sur des musiques de sa composition, interprétant également Brassens, Piaf ou ... Olivier Clarté. Car le comédien est aussi auteur (il situe ses premiers écrits aux alentours de 2000 avant J.Ch. sans préciser qui est J.Ch. en loccurrence). Il a donné la mesure de son talent dacteur dans la célèbrissime tirade du nez tirée de Cyrano de Bergerac que plusieurs spectateurs nont pu sempêcher de murmurer avec lui, lui ravissant même le dernier vers qui lui est du coup passé ... sous le nez. Plaisir Partagé. Costume noir, chapeau melon, lartiste joue volontiers la carte du clown. Car la littérature, ce nest pas forcément aussi sérieux quil y paraît et avec une pointe de malice, quelques anachronismes bien dosés, beaucoup d expressivité, le travail danthologie devient ludique, joyeux. A part pour Waterloo dHugo quOlivier avoue malicieusement ne pas arriver à rendre digeste. Mais quoi quil en dise, le rire est partout, prêt à surgir au détour dune intonation ou dun jeu de physionomie. Pour le plus grand plaisir de lassistance et du comédien lui même qui a noué dans la vallée de nombreuses amitiés. Il a notamment collaboré à plusieurs reprises avec les enseignants, tels Danièle Arnold ou Françoise Marchand et accompagné la jeune troupe de Thibaut Wenger sur le spectacle Petite Antigone. . |
| La Folie | Je suis ... Depuis très longtemps, on peut pas mesurer |
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| Texte dOlivier Clarté............. | .. | Et puis le grand Boum ou le Bang, je sais pas, moi j'étais pas encore la. |
| Ma mère si, elle très vieille ma mère | ||
| Plus que moi, ça l'a refroidi. | ||
| Ca a mis le temps mais elle a refroidi et puis elle est restée ensevelie. | ||
| Elle n'a plus bougé sous terre. | ||
| Comme ça, pendant longtemps, on peut pas mesurer. | ||
| Tout le temps elle est restée. | ||
| Alors l'eau, l'humidité dans la terre, | ||
| Le froid, le grand froid, le gel ! | ||
| Ça l'a travaillé ma mère, pendant longtemps. | ||
| Et je suis arrivée, un petit bout de ma mère | ||
| Est devenu moi. Et je suis restée un long longtemps | ||
| A côté de ma mère... | ||
| Mais ces derniers temps, la folie ! | ||
| Plus une seconde à moi. Quelquun bousculait ma vie. | ||
| Un homme m'a déterrée, comme ça, avec une pioche | ||
| Et une pelle. J'ai senti sa sueur tomber | ||
| Goutte à goutte sur moi. Il m'a roulée, | ||
| Roulée et je suis devenue une marche | ||
| Une marche d'escalier pour un jardin, | ||
| Un peu plus bas dans la pente. | ||
| Il m'a posée, il m'a calée. | ||
| Je voyais le ciel, la lumière, | ||
| Il m'a roulée, posée, calée, | ||
| Et les étoiles la nuit. Je sentais l'eau, la vraie eau | ||
| Me caresser quand il pleuvait. | ||
| Ca a duré l'espace d'un instant. | ||
| A peine vingt ou trente ans, | ||
| C'est dur de compter quand c'est si court, | ||
| Alors son fils à l'homme, il m'a reprise. | ||
| Il a détruit l'escalier. Il a construit un muret | ||
| A la place et il m'a posée au sommet. | ||
| Sans ciment, le fils de l'homme ne connaissait pas le ciment. | ||
| Il m'a posée, il m'a calée. | ||
| La folie ! | ||
| C'était comme avant mais en mieux. | ||
| J'avais un bien meilleur point de vue. | ||
| Avant je voyais juste les carottes, | ||
| Les fanes des carottes quand elles sortaient de terre. | ||
| La j'ai vu des fleurs, c'est terriblement joli une fleur. | ||
| D'abord il y a les blanches au sortir de l'hiver, | ||
| Toutes petites les blanches, et puis les jaunes plus tard | ||
| Et ensuite toutes les couleurs, sauf le vert. | ||
| Il n'y a pas de fleurs vertes ou alors le fils de l'homme, | ||
| Il n'aime pas les fleurs vertes. Il n'a pas planté les graines. | ||
| Plus loin des groseilliers et des maquereaux. | ||
| En échange de toute cette beauté | ||
| Et du vent qui me cajolait pour la première fois | ||
| Je devais travailler. La terre ! | ||
| La terre derrière moi elle poussait. | ||
| Elle me poussait à vouloir passer. | ||
| Et je devais résister, je devais la contenir. | ||
| Par mon poids je devais aider la pierre du dessous | ||
| Qui faisait pareil avec la pierre en dessous d'elle. | ||
| On travaillaient toutes ensemble à contenir la terre. | ||
| Et sans ciment ! | ||
| La folie ! Mais c'est tellement beau. | ||
| Et les papillons! Les papillons c'est comme des hommes | ||
| En beaucoup plus petits et avec des ailes. | ||
| A peine posés, déjà repartis les papillons. | ||
| La folie ! Peut être que tout à l'heure, | ||
| Les enfants , les enfants du fils de l'homme, | ||
| Ils me prendront à leur tour, dans un instant. | ||
| Et ils construiront une grande maison, | ||
Ils construiront une vieille cheminée toute neuve. |
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| Et moi je serai une des pierres de la cheminée. | ||
| Dans un instant ! | ||
| La folie ! | ||
| Qu'est ce que c'est beau la folie ! |
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Totem Théâtre de Colmar 353 Les Jeunes Champs, 68370 Orbey, France |
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