Durant la "drôle de guerre" pour les Français ou "der Sitzende Krieg" [1] pour les Allemands, l'échange du courrier se faisait presque normalement, à part que le courrier a souvent été ouvert par la censure civile ou militaire. En effet, durant la guerre, le secret de la correspondance n'existe plus.
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Document 1
Lettre adressée de Wintzenheim à Pont-à-Mousson. Oblitération Daguin [2] de Wintzenheim du 9 décembre 1939. Lettre ouverte par le poste de censure de Colmar pour contrôle de la correspondance. Pour refermer la lettre, on utilisait une bandelette gommée (différentes couleurs utilisées, en ce cas, du blanc sale) et pour justification (recto verso), il a été apposé un cachet elliptique portant les mentions "OUVERT PAR L'AUTORITE MILITAIRE et l'origine de la censure, soit GE 307, soit G = code de la région militaire, E = le département. 305, 306 et 307 étaient les indications propres à Colmar. |
| Document 2
Nous sommes toujours en cette période de la "Drôle de Guerre". Certificat de remise d'une lettre à un habitant de Wintzenheim. Le facteur certifiait ainsi avoir remis la lettre à son destinataire. Le bureau de poste de Wintzenheim retournait ce formulaire à l'expéditeur, soit le Tribunal Cantonal de Colmar, en franchise postale par abonnement. Apposition du cachet à date de WINTZENHEIM du 12 mars 1940, levée de 19h15. Le bureau de poste de Logelbach (quartier de Wintzenheim) a été rattaché à Colmar. |
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Venons en aux faits. L'Alsace-Moselle est maintenant sous la coupe nazie. Il faut admettre que la "Reichspost" était une des meilleures du monde et était déjà particulièrement efficace de 1870 à 1918. Il allait en être de même durant cette guerre. Les autorités nazies savaient que l'échange de correspondances était un service sacré, qui maintenait le moral des troupes et des habitants et favorisait l'économie. Le "Wintzenheim" devint le "Winzenheim".
Du 17 au 30 juin 1940, les bureaux de poste étaient fermés.
Du 1er juillet au 15 août 1940, les T.P. [3]
et les cachets français continuent à être utilisés, mais l'adresse devait être
écrite en allemand (il y a eu des ratés). Souvent le courrier a été contrôlé
par la censure allemande établie entre autres à Frankfort. Bien entendu, les
militaires bénéficiaient de franchise postale militaire.
Document 3
A compter du 15 août 1940, les timbres d'occupation étaient disponibles aux guichets (a & b) soit le type Hindenburg, surchargé Elsass, série n° 8 à 23, Catalogue Yvert et Tellier, soit 16 valeurs. Toute la série ne fut pas disponible en même temps :
le 15-8-1940 : les 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12, 15, 20, Pf. [4]
le 13-9-1940 : les 25, 30, 40, 50, 60, 80, 100 Pf.
| Document 4
Pour les oblitérations (annulation des timbres-poste), les postiers utilisaient des cachets linéaires, en caoutchouc (Gummistempel), lesquels, de façon générale, ont été fabriqués par des entreprises locales. Ce type de cachet ne mentionnait pas de date, ce qui représentait un grave inconvénient. Ils furent rapidement remplacés par des cachets à date métalliques circulaires. Lettre de Wintzenheim à Colmar, cachet français sur TP allemand Hindenburg surchargé Elsass. Port de 3 Pf. pour un envoi d'imprimé de moins de 20 grammes mais l'enveloppe devait rester ouverte. La date du 15-8-40 représente le premier jour de mise en service des nouveaux timbres.
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Document 5 Lettre dite de complaisance avec le nouveau cachet linéaire allemand "Winzenheim (Kr. Kolmar" plus le cachet français dit d'Autoplan) du 18 août 1940. Tarif de 12 pf pour l'envoi d'une lettre de moins de 20 grs. vers une autre localité. |
| Document 6 Lettre affranchie par 4 TP Hindenburg d'une valeur totale de 54 Pf. Il s'agit d'une lettre en recommandé (Einschreiben) adressée de Wintzenheim à Mulhouse. Bien que les TP soient allemands, la fiche de recommandation est française. Les TP ont été annulés à la plume. Au verso du document, cachet à date d'arrivée de Muhouse (Haut-Rhin) du 18-8-40. Le port de 54 Pf se justifie ainsi : droit de recommandation : 30 Pf + 24 Pf pour le port d'un envoi de "20 et 250 grs" vers une autre commune.
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Document 7
Lettre en recommandé expédiée par le Bureau de Poste de Winzenheim vers une administration allemande de Strasbourg. Cachet allemand avec l'étiquette française de recommandation. Cette enveloppe a déjà été utilisée [5] par les PTT de Strasbourg pour un envoi au bureau de Winzenheim. Ce pli portait déjà le c.à.d. [6] définitif (en métal) du 21-8-40 de Strasbourg. |
| Document 8 Lettre de la Mairie de Winzenheim (Bürgermeisteramt) avec TP Hindenburg Elsass de 12 Pf., oblitération par le cachet provisoire Winzenheim (Kr Kolmar Els). Au verso, cachet d'arrivée du "Arbeitsamt de Kolmar" 27 août 1940. |
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Document 9
Lettre affranchie par un TP Hindenburg Elsass de 12 Pf, soit le port pour une lettre de moins de 20 grs. adressée à une autre localité. C.à.d. métallique et définitif (avec date) de Winzenheim, guichet a, du 2-12-40. |
| Document 10
Il existait également des entiers-postaux (cartes postales). En l'occurrence, il s'agit là d'une carte avec l'effigie de Hindenburg, surcharge Elsass, émise le 15-8-1940. Format : 14,80 x 10,50 cm. Valeur faciale exprimée en Pf. Cet entier postal était prévu pour de la correspondance locale. |
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Document 11
Certificat de remise (voir document 2), avec le cachet définitif du 29-9-40, guichet a. Il existait également un guichet b. Certificat adressé au Tribunal de Colmar, cachet "Frei durch /Ablösung Nr. 19/Amtsgericht" = Franchise postale par abonnement. Ce document officiel postal a continué à être imprimé en français, du fait que la langue officielle de l'Union Postale Universelle "U.P.U." était la langue française. |
| Document 12
Les TP Hindenburg n'étaient que provisoires et n'ont eu cours que jusqu'au 31 décembre 1941. Après, seuls les TP Hitler et les TP de propagande (avec de fortes surtaxes, donc peu utilisés) étaient permis. Les TP Hitler ont été émis le 1-8-1941 et pendant cette période (1-8 au 31-12-1941), l'utilisation des TP Hindenburg-Elsass et les TP Hitler, seuls ou panachés était permise. Lettre affranchie par un TP Hitler 12 Pf, c.à.d. du 14-11-1941
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Document 13
Lettre en recommandé : port de 42 Pf = 30 Pf droit de recommandation et 12 Pf. port de la lettre vers une autre commune et pesant moins de 20 grs. Étiquette de recommandation allemande Winzenheim/ (Kr [7] Kolmar,Els). Oblitération du 19-10-44, guichet b. |
| Document 14
Contrairement à la France [8], les colis postaux ont transité par la "Reichspost". Ce service a été rétabli en Alsace-Moselle le 3 septembre 1940. Bulletin d'expédition d'un colis à "Diedolshausen bei Schnierlach", soit Le Bonhomme près de Lapoutroie. C.à.d. du 18-5-43 Le port (30 Pf) et la taxe de factage (30 Pf) est de 60 Pf. pour un colis de 3 kilos et pour une distance de moins de 75 Kms. L'abréviation au crayon bleu "sp" signifie à priori "Selbstprodukt"
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Document 15
Carte d'expédition d'un colis de 7,5 kilos pour une distance de moins de 75 kilomètres, soit un port de 45 Pf. C.à.d. du 24-4-43. |
| Document 16 La localité fut libérée le 2 février 1945, en même temps que Colmar. La poste française a repris officiellement le service des cartes postales le 18 mars 1945 et celui des lettres le 3 mai 1945. Ci-après, entier postal (ou carte) datée du 23 mars 1945. |
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[1] Du 3 septembre 1939 jusqu'au 10 mai 1940. En Alsace, la poste fonctionnait normalement jusqu'au 17 juin 1940.
[2] La machine à oblitérer inventée par Eugène Daguin pouvait apposer deux cachets différents en une seule frappe (cachet à date plus une flamme).
[3] T.P. = abréviation de timbre-poste.
[4] La première série était obligatoire dès le 15 août 1940.
[5] Pénurie de papier (l'enveloppe a été tout simplement retournée).
[6] C.à.d. = cachet à date.
[7] Kr = Kreiss = arrondissement.
[8] En France, les colis postaux étaient acheminés par la SNCF
Source : documents rassemblés et commentés
par Michel Frick, Colmar et Gilbert Miclo, Ste-Croix-en-Plaine
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