Le comptoir de la petite épicerie
Sadal, en face de la pharmacie, tenue depuis sa création en 1935 par Angèle
Furstoss et sa fille Irène. En 1944, la pénurie se fait sentir, certains
casiers sont peu garnis. Il faut dire aussi qu'à l'époque, de nombreux
produits alimentaires sont vendus en vrac... (collection Irène Furstoss)
Pas facile en temps de guerre de trouver tout le nécessaire pour la vie quotidienne. Les importations sont interrompues, les transports et livraisons se font mal, des usines sont détruites...
En 1943-1944, la pénurie est telle que certains tickets d'alimentation ne
pourront même pas être utilisés. On cherche à trouver des produits de
remplacement pour les produits qui manquent le plus. Pour le café, les ersatz
sont multiples. La chicorée bien sûr, mais aussi la carotte grillée, moulue
ou pilée ! Les fumeurs se mettent à planter du tabac dans leur jardin… voire
à rouler dans leur papier à cigarettes les feuilles séchées les plus
diverses. Enfin, le topinambour, qui a la faculté de pousser dans les plus
mauvais terrains, remplace souvent la pomme de terre. On se met à cuisiner des
soupes à l’ortie, aux feuilles de radis, à la luzerne...
Le savon manque ? On apprend à en fabriquer en mélangeant suif, cristaux de soude et résine. Autre recette possible : un plein seau de feuilles de lierre à faire bouillir deux heures dans cinq litres d’eau puis à mélanger, une fois filtré, avec un demi-paquet de lessive, permet d’obtenir, refroidi dans des petits moules, d’excellents savons ! Pour se chauffer, tout est bon : journaux, papiers mis en boulettes, boîtes en carton remplies de sciure et de poussière...
Les
vêtements sont recousus sur l’envers quand l’endroit devient trop râpé ou
bien sont teints pour donner l’illusion du neuf. Lorsqu’ils sont troués,
les pull-overs, les chaussettes et même les bas de coton
Source : texte de Marie-Odile Mergnac
Sur la photo du Sadal, autour du panonceau "Heil Hitler", on remarque une publicité pour les produits de nettoyage allemands IMI et SIL. René Furstoss et Paul Hirlemann se rappellent qu'il en existait deux autres, qui s'appelaient HENKO et ATA, et les gens de chanter :
"Wenn HENKO, SIL und IMI ATA (ada) gehn, dann gebts
weder Marseille Seif !"
(quand Henko, Sil et Imi s'en iront, il y aura de nouveau du savon
de Marseille !).
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Was ATA putzt, poliert und scheuert, ist ohne Seife rasch erneuert ! |
Präg'dir immer wieder ein : zum Scheuern muss es ATA sein ! |
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Publicités tirées de la revue "Der Adler - Herausgegeben unter Mitwirkung des Reichsluftfahrtministeriums" - Numéros du 23 décembre 1941, 20 janvier 1942 et 14 avril 1942 (collection Paul Hirlemann) |
Hausfrau begreife : HENKO spart Seife ! |
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