1859 : un ancêtres des CLO de Wintzenheim,

médaillé de Sainte-Hélène,

écrit à l'empereur Napoléon III


Pour situer les personnages... 


CLO Jean, N.1664, D.07.09.1734 Niedermorschwihr
& HAAS Anne Marie, N.1661, D.20.01.1725 Niedermorschwihr
>> CLO Augustin ( I ), N.1697, D.15.01.1784 Niedermorschwihr
& 1725 TANNER Anne Marie, N.1700 Walbach, D.12.02.1760 Niedermorschwihr
>> CLO Augustin (II ), N.17.04.1726 Niedermorschwihr, D.07.01.1797 Niedermorschwihr
& 10.01.1757 (Niederm.) ULMANN Marie Anne, N.30.08.1728 Niederm., D.22.03.1795 Niedermorschwihr
>> CLO Augustin ( III ), N.21.07.1758 Niedermorschwihr, D.25.08.1810 Niedermorschwihr
& 05.02.1787 (Niederm.) FROM M.Catherine, N.25.03.1762 Niederm., D.03.03.1839 Niedermorschwihr
>> CLO Augustin (IV ), N.24.12.1791 Niedermorschwihr, D.04.10.1876 Niedermorschwihr
& 02.09.1817 JACOB Marie Anne, N.1797, D.1860-1883 Niedermorschwihr
>> CLO Antoine, N.1820, D.21.02.1843 Etampes 
>> CLO Gall, N.22.09.1828, D. 04.08.1854 Armée d'Orient (Dobrudcha) 
>> CLO Elie, N. 02.01.1838, D.26.03.1883 Niedermorschwihr >> CLO Jean Elie, N.1861

Source : Extrait d'une liste de 131 descendants de Jean CLO qui figurent dans le 1er fascicule "LES CLO" publié par Guy Frank en 1997


Lettre de CLO Augustin datée du 11 mars 1859 


A Sa Majesté Louis Napoléon III Empereur des Français à Paris 

Sire, 

Sr Clô, Augustin, père agé de 70 ans, congédié sous l'Empire de (Napoléon Premier) demeurant et domicilié à Niedermorschwir, canton de Kaysersberg, Ht Rhin ; 

prend la respectueuse liberté d'avoir l'honneur de représenter à (votre Majesté) qu'il est père de six garçons, dont le dernier sous le nom d'Elie Clô a fait partie du contingent de la classe de 1858, sous le N° 73 de son tirage, seul et unique soutien de ses pauvres vieux parents, lequel serait de la plus grande urgence pour ces derniers ; 

attendu que l'exposant est criblé de blessures par suite de ses campagnes et qui l'empêchent de gagner sa vie et de suivre son travail qui demande à être soigné, observant en outre que le jeune conscrit a deux frères qui sont morts sous les Drapeaux français, le nommé Gallus Clô mort au 5ème Régiment d'artillerie dans la Crimée et l'autre en France, de la manière que son fils Elie Clô, le plus jeune est le seul qui doit secourir ses vieux parents qui sont hors d'âge de se pourvoir avec leur travail. 

Ce considéré (Sire) le plaignant vient avec confiance solliciter grâce pour son fils Elie Clô faisant partie de la classe de 1858, suppliant genoux ployants, (votre Magesté) d'exaucer la prière d'un vieux serviteur infirme, de vouloir bien faire exempter du service militaire son fils, jeune conscrit, afin de pouvoir venir au secours de ses auteurs et ferez une oeuvre méritoire. 

Augustin Clo. Niedermorschwir  le 11 Mars 1859

Source : Archives Départementales du Haut-Rhin


Augustin CLO était médaillé de Sainte-Hélène...

La médaille de Sainte Hélène, créée par Napoléon III, 

récompense les 390.000 soldats encore vivants en 1857, 

qui ont combattu aux côtés de Napoléon 1er 

pendant les guerres de 1792-1815. 

Parmi ces médaillés, il y avait Augustin CLO...

Nom : CLO Augustin
Naissance : le 24.12.1791 à Niedermorschwihr
Résidence en 1857 : Niedermorschwihr
Régiment : fusilier au 61e de ligne (3e compagnie, 3e bataillon), Grande Armée, Campagne de Russie
Période : du 9 mai 1811 à 1815

La médaille lui a été remise le 9 mai 1858 à Kaysersberg

Source : Archives Départementales du Haut-Rhin, 3R107 et 3R116 

La médaille de Sainte-Hélène

Le 12 août 1857, Napoléon III crée la médaille de Sainte-Hélène pour respecter une clause du testament de Napoléon Ier, qui voulait honorer par une distinction spéciale les militaires ayant combattu sous les drapeaux de France pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire.
La médaille, de bronze, était surmontée de la couronne impériale et suspendue à un ruban vert à fines rayures rouges. Elle portait d'un côté l'effigie de l'Empereur Napoléon 1er et de l'autre le texte suivant "Campagnes de 1792 à 1815 / A ses compagnons de gloire, sa dernière pensée, Ste-Hélène, 5 mai 1821". Elle était présentée dans une petite boîte, accompagné d'un diplôme portant le nom du récipiendaire.
Cette médaille commémorative fut remise à tous les  anciens soldats, français ou étrangers, ayants servi sous la République et l'Empire dans les armées de Terre et de Mer. Les archives étant détruites, on estime à peu près entre 350.000 et 410.000 le nombre de médaillés dont 50 000 étrangers. En 1869 une pension est accordée à 43.592 survivants.

Décès de CLO Antoine en 1843 


Département de Seine et Oise, Arrondissement d'Etampes. Extrait du Registre des Actes de Décès de la ville d'Etampes. 

N° 4. CLO Antoine, décédé le 21 février 1843 à Etampes 

Du Mercredi vingt deux février, mil huit cent quarante trois, une heure de relevée. 

Acte de décès de Antoine CLO, fusilier au soixante deuxième régiment d'infanterie de ligne, deuxième bataillon, troisième compagnie, immatriculé audit corps sous le Numéro douze mille cinq cent cinquante huit, âgé de vingt trois ans, né à Niedermorschwir, canton de Kaysersberg, Haut-Rhin, décédé d'hier à sept heures du soir, à l'hospice de cette ville, fils en légitime mariage de Augustin Clo et de Marie Anne Jacob son épouse, domiciliés en ladite commune de Niedermorschwir, 

Les témoins ont été les sieurs Louis Charpentier, aubergiste, âgé de cinquante trois ans, et Louis Alphonse Mouche, cabaretier, agé de quarante six ans, domiciliés de cette ville qui ont déclaré ne savoir signer après lecture faite du présent par nous François Charles Cresté, maire de la ville d'Etampes, officier de la Légion d'honneur et le décès constaté par nous soussigné. Signé au Registre : Cresté, maire. 

Pour extrait conforme expédié sur papier libre pour être transcrit en conformité à la loi, au Registre de l'état civil de la commune de Niedermorschwir. Le Maire de la ville d'Etampes, Officier de la Légion d'honneur, signé Cresté. 

Source : Archives Départementales du Haut-Rhin


Décès de CLO Gall en 1854 


Extrait mortuaire. Armée d'Orient. Ambulance de la 1ère Division (Dobrudcha). Du registre des décès du dit hôpital a été extrait ce qui suit : 

Le Sieur CLO Gall, 1er Canonnier conducteur, au 9e d'artillerie, 1ère Batterie, N° matricule 4328, né le 22 Septembre 1828 à Niedermorschwihr  Canton de Kaysersberg, Département du Haut-Rhin, fils d'Augustin & d'Anne Marie Jacob est entré au dit hôpital le quatre du mois d'Août de l'an 1854, et y est décédé le quatre du mois d'Août de l'an 1854, à sept heures du soir, par suite du choléra. 

Je soussigné, Officier d'Administration, comptable du dit hôpital, certifie le présent extrait véritable & conforme au registre des décès du dit hôpital. Fait au Bivouac, le quatre Août mil huit cent cinquante quatre. Signé : Sauvage 

Nous Sous-Intendant militaire, chargé de la police de l'ambulance de la 1ère Division, certifions que la signature ci-dessus est celle de M. Sauvage, officier d'administration, chef de l'ambulance, & que foi doit y être ajoutée. Fait au Bivouac le 4 du mois d'Août 1854. Signé : A. Bauer

Source : Archives Départementales du Haut-Rhin


LA CAMPAGNE DE CRIMEE (1854-1855) : Une querelle pour la possession des Lieux saints, mêlée à la "Question d’Orient", entraîne la Guerre de Crimée entre la Russie et la coalition formée par la Turquie, la France, la Grande-Bretagne et la Sardaigne.

Au mois d'avril 1854, sur les états du ministère de la Guerre, l'armée d'Orient compte 60.000 hommes, aux ordres du maréchal de Saint-Arnaud. Associées aux 30.000 Anglais de lord Raglan, ces troupes devront se réunir d'abord à Gallipoli, près des Dardanelles, puis à Varna*, en Bulgarie. Qu'on imagine le transport à 3.000 kilomètres de ces dizaines de milliers d'hommes avec chevaux, artillerie, matériels, approvisionnements ! 
Grande première dans l'Histoire que cette "projection de forces", et pour l'armée, la marine, l'administration impériales, effort inouï, sans commune mesure avec celui de l'expédition d'Alger, vingt-quatre ans plus tôt ! On glosera beaucoup, par la suite, sur l'"impréparation", le "désordre", l'"improvisation" des départs. Mais on ne prépare bien que les guerres que l'on a l'intention de faire. Et depuis le coup d'État, la France désarmait pour ne pas inquiéter ses voisins. Et puis, que d'inconnues ! Que vont faire les Russes ? Que peuvent les Turcs ? Que décideront les Autrichiens ? Sur quelles ressources pourra-t-on compter en Bulgarie, en Crimée ou ailleurs ? En juin, 30.000 Français campent à Varna, avec 20.000 Anglais et 20.000 Turcs. En juillet-août, ils sont 50.000. Mais la situation n'a rien d'engageant : les Russes - 150.000 hommes - se sont bien frottés aux Turcs sur le Danube, mais ils n'ont pas entrepris cette descente sur Constantinople à laquelle on est venu s'opposer. Les camps alliés ont été ravagés par une épidémie de choléra, qui a emporté près de 5.000 Français. Une expédition dans la Dobrutscha**, destinée à "donner de l'air" aux troupes entassées à Varna, se solde par un fiasco relatif que l'on reprochera bien à tort à Saint-Arnaud.

* Varna : ville de Bulgarie, sur la mer Noire, au sud de la Dobroudja, principal port du pays

** Dobroudja : région traditionnelle des Balkans, au sud du delta du Danube et partagée entre la Roumanie et la Bulgarie

Source : Le triomphe de Sébastopol, Alain Gouttman, Historia septembre/octobre 1995 (http://napoleontrois.free.fr/crimee001.htm)


Copyright Guy Frank et Jacqueline Piselli - Wintzenheim, 2002

Les 21 titulaires de la Médaille de Sainte-Hélène domiciliés à Wintzenheim en 1857 (Haut-Rhin)


Vos observations et compléments

E-mail : contact@knarf.info


ORIGINE DES CLO

Retour Menu KNARF