La Fête-Dieu ou Fête du Saint-Sacrement


Fête du Corps et du Sang du Christ

C'est le jeudi qui suit la fête de la Trinité. Elle peut tomber entre le 21 mai et le 24 juin

Dictons : 

Si le lis a fleuri pour la Fête-Dieu, j'aurai vendangé pour la Saint-Matthieu

Fête-Dieu mouillée, fenaison manquée


La Fête-Dieu


Les origines de la solennité du Corps et du sang du Christ, célébrée naguère le jeudi après le dimanche de la Sainte-Trinité *, et maintenant souvent reportée au dimanche suivant (donc le deuxième dimanche après la Pentecôte) pour permettre la participation des fidèles, remontent selon certains historiens au XIIe s. L'élévation manifestait le désir de contempler l'hostie, mais l'impulsion décisive fut donnée par sainte Julienne de Mont-Cornillon et la bienheureuse Ève de Liège.

Le prélude
La solennité aurait été dans un certain sens préparée par le débat théologique et par le réveil de la dévotion eucharistique survenu après l'hérésie de Bérenger de Tours qui niait la présence réelle du Christ dans l'eucharistie. Ce réveil s'accompagnait d'un désir de pouvoir contempler l'hostie pendant la messe : c'est à Paris, en 1200, que l'existence de ce rite de "l'élévation", au moment de la consécration, est attestée pour la première fois.

Sainte Julienne, moniale augustine
Mais l'origine proche de la fête se trouve dans une vision de sainte Julienne du Mont-Cornillon (1192-1258). Étant orpheline, elle avait été recueillie à l'âge de cinq ans, avec sa sœur Agnès, d'un an son aînée, par les Augustines du Mont-Cornillon, près de Liège. Comme les religieuses soignaient les lépreux, les deux sœurs vécurent d'abord à la ferme. Mais à quatorze ans, Julienne fut admise parmi les moniales. Une vision dont elle fut favorisée deux ans plus tard est à l'origine de ses efforts pour faire instituer la Fête-Dieu en l'honneur du Saint-Sacrement.

Ève de Liège, la compagne
Relayés par Ève de Liège, ces efforts ne furent pas vains, car la fête fut introduite dans son diocèse en 1246. Et elle devait être étendue à toute l'Église par le pape Urbain IV en 1264 : il se souvenait de celle dont il avait été le confesseur. La bienheureuse Ève de Liège (?1266) avait en effet été compagne de sainte Julienne. Elle se fit recluse près de la collégiale Saint-Martin de Liège, sous la règle cistercienne. C'est elle qui demeura en relation avec Jacques de Troyes, archidiacre de Liège, et bientôt pape sous le nom d'Urbain IV. Il instituera la Fête Dieu pour l'Église universelle par la bulle "Transiturus de hoc mundo" de 1264.

A Rome, la procession de 1350
A partir de 1317, sous Jean XXII, la fête se diffusa rapidement dans les églises locales. La procession du Saint-Sacrement est attestée pour la première fois à Cologne, entre 1274 et 1279. Cette dévotion se développa par la suite en Germanie et en France, et au XVIIe siècle, elle était accueillie avec enthousiasme dans d'autres nations. C'est vers 1350 que la procession avec le Saint-Sacrement porté dans un précieux ostensoir a été introduite aussi à Rome.

Source : www.cathonet.org

* Ainsi le jour de Pâques peut varier entre le 22 mars et le 25 avril, et de sa date dépendent celles des autres fêtes mobiles : les Rameaux sont 7 jours avant Pâques, l'Ascension 40 jours après, la Pentecôte 10 jours après l'Ascension, la Trinité 7 jours après la Pentecôte, la Fête-Dieu le jeudi et le dimanche suivant la Trinité.


La Fête-Dieu en Alsace


Cette fête est célébrée le jeudi qui suit le dimanche de la Trinité, ou le plus souvent aujourd'hui en Alsace le dimanche suivant. Elle a longtemps été caractérisée par de très belles processions, dont la plus célèbre est celle de Geispolsheim qui draine fidèles et touristes sur une route couverte de fleurs, de pétales et de branches. Elles sont souvent ponctuées d'une bénédiction pour les récoltes et d'un temps de recueillement sur des autels provisoires. Elles sont l'une des expressions les plus caractéristiques de la piété du monde rural catholique. La fête est appelée aussi Herrgottstag (jour du Seigneur) et s'est longtemps caractérisée par une connotation antiprotestante et une affirmation marquée du catholicisme.

Source : L'Almanach de l'Alsace, Bernard Vogler, Larousse 2001

Processions de foi

Les albums de nos familles alsaciennes contiennent une anthologie d'images sur ce rituel religieux à travers les âges. Nos rues résonnent encore du "Grosser Gott, wir loben dich" rythmant le pas lent des fidèles réunis en cortège qui avançaient sur un tapis de joncs et de pétales de pivoine. Ils s'arrêtaient aux quatre autels dressés ça et là. Chaque étape était l'occasion de brandir l'ostensoir où reposait "le corps du Christ", et de bénir tous les paroissiens.

La Fête-Dieu (Fronleichnam, en allemand) a lieu un jeudi. C'est un jour symbole, celui de la Sainte-Cène, où Jésus instaura l'Eucharistie* avec ces paroles : "Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps, livré pour vous et pour la rémission des péchés".

* Les hosties distribuées lors de la communion dans les paroisses alsaciennes sont fabriquées tous les ans avec huit tonnes de farine et de l'eau (elles sont cuites sans levain) par les bénédictines de Rosheim, qui respectent ainsi la règle de saint Benoît : "Les vrais moines sont ceux qui vivent du travail de leurs mains".

Source : L'Almanach d'Huguette 2004, Huguette Dreikaus, DNA

Die Prozession

An den Feldern, an den Auen,
Zieht die Prozession vorbei :
Kinder, Greise, Männer, Frauen,
Beten laut die Litanei.

La Procession

Le long des chemins et des prés
Passe la procession :
Enfants, vieillards, hommes, femmes,
Récitent tout haut la litanie.

Source : cantique, Dictionnaire des Citations pour l'Alsace, H.J. Troxler, Éditions du Bastberg, 1987


La Fête-Dieu à Wintzenheim


Il y avait 4 reposoirs représentant les 4 évangiles. 

La procession partait de l'église, descendait la rue Clemenceau vers la fontaine de la poste où se trouvait le 1er autel (famille Vogel puis Henninger), prenait la rue Castelnau puis remontait la rue Joffre et la rue Jeanne d'Arc jusqu'à la Maison Andrès (plus tard la cour du Bangala), où se trouvait le 2ème autel (famille Andrès).  

La procession redescendait la rue Clémenceau. Le 3ème autel se trouvait devant l'Hôtel Meyer (famille Meyer), et le 4ème devant la fontaine du Marikplatz (familles Bauer, Humbert et Schaffar). 


Une photo des années 1920

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