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L'INTERPRETATION DES ILLUSIONS

 

     

Notre perception visuelle tient beaucoup plus à la construction mentale qu’à une « photographie », car comme nous l’avons vu précédemment c’est le cerveau qui trie et organise les informations transmises par nos sens et c’est finalement lui qui « voit ».

Pratiquement toutes les illusions sont basées sur un contexte qui induit en erreur comme nous allons le voir.

  

1)    La vision du relief et de la profondeur

        Avec la vision stéréoscopique, notre cerveau construit une image en 3 dimensions à partir des données transmises par les rétines, qui transmettent des images en 2 dimensions. Mais même avec un seul œil nous sommes capables de voir en relief (mais moins bien), car le cerveau analyse les tailles relatives des objets, les ombrages, les mécanismes d’occlusion (un objet masqué par un autre est interprété comme plus éloigné).

  

ILLUSION DE PONZO

 

Sur cette image le trait supérieur paraît plus long que le trait inférieur, bien qu’étant de même taille. Mais le cerveau considère les lignes obliques comme des indicateurs de profondeur, comme lorsqu’on regarde des rails qui continuent au loin. Il interprète donc le segment le plus haut comme étant le plus éloigné. Comme d’après l’image du plan que la rétine lui fournit les 2 segments sont de même taille et celui du haut est plus éloigné, il en conclut qu’il est plus grand.

La taille d’un objet n’est pas uniquement déterminée à travers les informations de l’image rétinienne, mais aussi par son contexte. Lorsqu’une personne s’éloigne de nous, on la voit plus petite mais on ne remarquera pas de changement de taille.

Cet ajustement effectué par le cerveau nous permet de nous donner une vision cohérente de notre monde.

 

 2)    L’importance du contexte pour les tailles

 

 

 

         En regardant les 2 cercles rouges, on conclut instinctivement que celui de droite est plus grand.

         Cela est du au fait que notre cerveau place nos perceptions dans un contexte de comparaison avec nos expériences passées.

         Ici le cercle rouge de gauche est interprété comme plus petit que les bleus et son diamètre est en quelque sorte « corrigé » pour correspondre au contexte. Lorsque celui change, le cerveau corrige à nouveau et a l’illusion que la taille a changé.

  

3)    La complétion amodale 

Lorsque notre cerveau perçoit 2 contours qui s’épousent selon une certaine géométrie, il en déduit que l’un cache l’autre. Et il reconstruit la partie cachée selon cette même certaine géométrie. Le psychologue Gaetano Kanisza a appelé ce phénomène la complétion amodale.

 

  

Rien ne nous parait lisible sur la figure de gauche. Sur celle de droites on distingue quelques lettres. Pourtant, ce sont bien les mêmes figures, à l’exception près que sur celle de droite un objet la masque partiellement.

 

 

 

De même sur ce dessin le cerveau construit un triangle blanc aux contours imaginaires.

Mais en plus on a l’impression que le triangle formé est d’un blanc plus éclatant que le fond. Ce qui nous amène à parler de l’illusion des couleurs.

  

4)    La couleur comme illusion 

Il existe dans le cerveau des mécanismes chargés d’assurer la constance perceptive des couleurs. Grâce à eux, un objet nous paraîtra de même couleur quelle que soit la luminosité ambiante. Pourtant, le stimulus auquel les photorécepteurs de la rétine sont sensibles est totalement différent si la luminosité change.

 

 

Sur ce dessin le rouge paraît plus foncé lorsque le contour de la frise est noir, parce que son contexte de luminosité change. Pourtant, il s’agit bel et bien de la même couleur. 

La perception des couleurs a été expliquée : en fait le cerveau mesure un contraste à l’intérieur du champ récepteur (ensemble des photorécepteurs) associé au neurones de la région V4 (chargée de la couleur, voir partie précédente) et non une valeur absolue. 

Mais la couleur en elle-même n’existe pas. Nous percevons uniquement des rayonnements électromagnétiques. Suivant leur longueur d’ondes, nos récepteurs associent le bleu, vert ou rouge. En les additionnant nous obtenons une palette de couleurs.

 

Dans la plupart des cas, les couleurs que nous percevons sont stables. Mais parfois, comme dans ce tableau peint par l’artiste Isia Leviant, les couleurs vibrent et créent une illusion de mouvement si on le fixe quelques secondes.

 L’observation de ce tableau provoque une activité du cortex visuel sensible au mouvement, mais ce phénomène n’est pas encore expliqué.

 

 L’ILLUSION DU MOUVEMENT

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